146 298 de Rachel Corenblit

Age :  12 – 15 ans
Éditeur : Actes Sud Junior : D’une seule voix (2015)
65 pages

Note : 5 out of 5 stars

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Elsa a décidé de se faire tatouer sur son bras un nombre : 146 298. Tandis que chaque chiffre s’imprime sur sa peau, elle raconte. Sa grand-mère, la guerre, les juifs, les camps. Un souvenir du passé qu’elle veut continuer de porter en elle, pour ne jamais oublier.

En quelques mots :

Quand on a l’impression que tout à déjà été dit sur l’holocauste, en littérature comme au cinéma, comment continuer d’en parler sans tomber dans une énième réécriture d’Anne Frank, de La Liste de Shindler ou de Si c’est un homme ? Comment adopter le ton juste ? Comment trouver les mots qui permettront à des ados qui sont aujourd’hui très loin de cette époque, de s’y intéresser, de s’en souvenir ? Je crois que 146 298 est une réponse intéressante à toutes ces questions et bien d’autres. Un roman qui témoigne de la nécessité de continuer d’écrire sur le sort des juifs lors de la guerre 39 – 45, tout en apportant un nouveau regard sur cette période.

En effet, dans 146 298, Rachel Corenblit raconte comment une ado, à travers le choix de se faire tatouer sur l’avant bras le chiffre que sa grand-mère a reçu à son arrivée dans les camps de concentration, s’approprie le souvenir de cette sombre période de notre Histoire. Elsa, en accomplissant cet acte qui n’a rien d’anecdotique, ni de provocateur matérialise son désir de conserver en elle une trace de l’histoire de sa grand-mère.

A mesure que les chiffres s’inscrivent pour toujours sur sa peau, elle raconte la vie des juifs et les camps. Le ton est percutant et d’autant plus fort que le texte est très concentré. Les phrases sont brutes, abruptes autant que cette réalité, ce passé dont elles témoignent. C’est fort, incisif. J’ai trouvé cette façon de témoigner de cette époque très pertinente et judicieuse. L’essentiel est dit, les émotions sont là, la curiosité du lecteur est suscité en quelques pages seulement.

Il y avait un moment que les romans sur la guerre 39 – 45 commençaient à m’ennuyer, trop semblables les uns par rapport aux autres, mais pas 146 298. L’idée de raconter cette histoire à travers un tatouage que l’on se grave volontairement sur la peau à peine sortie de l’adolescence, pour assurer la continuité du souvenir, est bien vue et bouleversante. Tout comme la relation entre la grand-mère et sa petite-fille. Un texte court et percutant.

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