Adèle et les noces de la reine Margot de Silène Edgar

Age : 12- 15 ans
Éditeur : Castelmore (2015)
290 pages

Note : 3 out of 5 stars

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Lorsque son professeur de français lui donne le roman La Reine Margot d’Alexandre Dumas, à lire pour les vacances de la Toussaint, Adèle n’est pas très motivée. Mais lorsqu’elle commence à lire le livre, un étonnant phénomène se produit. Quand elle dort, elle est projetée en 1572, l’époque même de son roman, à la cour du roi ! Mal dans sa peau, de plus en plus distante de ses parents et ses amis, Adèle hésite chaque soir un peu plus entre son envie de rester en 2015 et celle de replonger en 1572…D’autant plus qu’elle est tombée amoureuse…

L’an dernier j’ai découvert avec beaucoup de plaisir le roman 14-14 signé par Silène Edgar et Paul Beorn. Le roman reposait sur un principe assez similaire puisqu’un garçon de 2014 parvenait à échanger des lettres avec un adolescent de 1914. L’occasion d’aborder, en filigrane, la première guerre mondiale. Dans Adèle et les noces de la reine Margot, on retrouve cet esprit. En effet, Adèle, l’héroïne, est une adolescente normale de 2015 qui, à la faveur d’une lecture, se retrouve, la nuit, en 1572 à la cour du Roi, pile au moment du mariage entre Marguerite de Valois et Henri de Navarre, futur Henri IV. L’idée était bonne et j’étais très emballée par cette lecture.

Malheureusement Adèle et les noces de la reine Margot n’a pas répondu à toutes mes attentes. Côté positif, j’ai apprécié les va et viens entre la vie d’Adèle en 2015 et ses nuits à la cour, en 1572. Silène Edgar, comme pour 14-14, aborde un événement majeur de l’histoire française : les guerres de religion, et en particulier le massacre de la Saint Barthélémy, qui opposa vivement protestants et catholiques. A contrario, lorsqu’Adèle repart en 2015, nous vivons avec elle son quotidien d’adolescente mal dans sa peau, pas très bonne élève et qui se sent de plus en plus délaissée par ses parents. Des tracas bien normaux, qui parleront sans aucun doute au lecteur.

Les ponts entre ces deux époques ainsi que le récit du quotidien de ces deux mondes est intéressant. On se laisse prendre au jeu des péripéties que va vivre Adèle à la cour, tandis qu’on partage aussi son quotidien d’ado. Silène Edgar réussie plutôt bien son immersion dans l’univers historique grâce à un langage simple et accessible. La médecine, la vie à la cour, les problèmes de religion sont bien exploités par l’auteur même si j’aurais souhaité qu’ils soient encore plus abordés. Pour une première approche, c’est déjà très bien.
L’histoire d’amour qui se noue entre Adèle et un jeune homme du XVIème siècle est une jolie romance qui génèrera sur le final beaucoup de péripéties et rendra compliquée la décision de rester en 1572 ou retourner en 2015.

Côté plus négatif, je reprocherai d’abord le manque de fluidité de l’histoire. J’ai eu du mal à accrocher au style de Silène Edgar que je trouvais parfois très lourd, trop ampoulé, notamment lors des dialogues. Mais surtout, j’ai eu du mal à m’attacher à Adèle et à ses parents. Ils sont l’un et l’autre trop extrêmes. Adèle est virulente, jamais contente, vindicative, un brin « toute la misère du monde est sur moi », tandis que ses parents semblent totalement déconnectés, trop violents aussi dans leur propos…Silène Edgar voulait montrer qu’Adèle se sentait mal chez elle, on le sent, mais j’ai trouvé que c’était un peu trop et j’ai souvent été agacée par les personnages lors de ma lecture…L’ensemble fut assez déconcertant. En effet, en voulant dépeindre cette « descente aux enfers » de la jeune fille, l’auteur a pris quelques raccourcis qui ne m’ont pas convaincue. Que dire par ailleurs de ces somnifères avalés et administrés sans problème pour replonger plus aisément en 1572… je reste un peu dubitative.

Ces points négatifs ne doivent pourtant pas amener à considérer qu’Adèle et les noces de la reine Margot ne vaut pas le détour. Le roman traite bien son sujet, Adèle est un personnage auquel on s’identifie même si on ne l’apprécie pas forcément et surtout, je reste convaincue que la manière de parler de l’Histoire avec ce « voyage dans le temps » est une très bonne idée.

En quelques mots :

Après l’excellent 14-14, j’attendais un peu Silène Edgar ( l’une des deux auteurs ) au tournant avec Adèle et les noces de la reine Margot, dont le principe est un peu similaire. En effet, Adèle, l’adolescente héroïne de cette histoire, se retrouve, la nuit, en 1572 et va vivre une belle romance sur fond de guerre de religion. Silène Edgar parvient à construire deux histoires en une. Dans la première on découvre le quotidien de l’adolescente en 2015. Mal dans sa peau, en froid avec ses parents et certains de ses amis, elle en vient à préférer sa vie en 1572 et son histoire avec un jeune homme du XVIème siècle. L’immersion fonctionne bien et l’ensemble est assez agréable à lire.
Néanmoins j’ai eu du mal à m’attacher au personnage d’Adèle ainsi qu’à ses parents, très caricaturaux dans leur rôle respectif. Silène Edgar a peut-être voulu en faire trop pour évoquer le malaise de sa jeune adolescente et rendre le choix plus complexe entre vivre en 2015 ou rester en 1572. Du coup, je n’ai pas été aussi emballée que prévue par le roman même si je pense que les ados devraient accrocher à cette histoire en s’identifiant à 100% à Adèle.

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