Blackwood, le pensionnat de nulle part de Lois Duncan

Age : 12 – 15 ans
Éditeur: Hachette jeunesse : Blackmoon (2015)
270 pages

Note : 3 out of 5 stars

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Sa mère et son beau-père convolant pour trois mois de voyage de noces à travers le monde, Kit est envoyée en pensionnat, à Blackwood. Dés qu’elle franchit les portes de la vieille demeure, l’adolescente trouve l’endroit étrange, presque maléfique. Lorsque Kit s’aperçoit qu’elles ne seront que quatre filles à étudier à Blackwood, son malaise grandit. Mais le plus inquiétant est à venir car au fil des jours, les pensionnaires de Blackwood développent des dons insoupçonnés…

Sorti en 1974, le roman Blackwood, le pensionnat de nulle part, signé par une maîtresse de l’horreur outre atlantique, Lois Duncan, connaît une seconde vie en 2015 avec la sortie prochaine d’une adaptation cinématographique produite par la célèbre Stéphanie Meyer. Le livre a été modernisé pour coller à l’époque actuelle ( Lois Duncan évoque ainsi rapidement téléphones portables, emails et internet, avant de les éclipser car rien  de tout ceci ne fonctionne à Blackwood) même si le ton reste un peu daté d’il y a 40 ans, avec des jeunes filles qui s’expriment dans un langage un peu vieillot… Mais ce côté rétro n’est pas pour me déplaire et il permet de plonger dans le huis clos glaçant de Blackwood avec plus de force.

Lois Duncan donne très vite le ton de ce roman angoissant. Dés le premier chapitre, Kit sent que Blackwood n’est pas un pensionnat ordinaire et tout est source d’inquiétude. Le lieu isolé, la forêt sombre, Mme Duret, l’excentrique et glacial directrice, le vieux manoir, le passé trouble des anciens propriétaires…Le lecteur ne met pas longtemps à comprendre, comme Kit, que quelque chose ne tourne pas rond. Impression renforcée tout de suite après lorsque Kit découvre que les pensionnaires ne seront qu’au nombre de quatre ! Lois Duncan monte l’angoisse de façon crescendo dans Blackwood, le pensionnat de nulle part. Chaque chapitre est source d’un nouveau phénomène inquiétant et dérangeant. Le mystère autour de Blackwood s’épaissit ainsi au fil des pages tandis que le piège se referme sur Kit et ses amies…

On se laisse vite emporter pas l’ambiance de ce roman et les étranges mystères qui entourent la pension de Mme Duret. L’intrigue est bien ficelée et fait preuve d’une inventivité surprenante autour de la thématique des fantômes. Le ton nous glace d’effroi petit à petit et le huis-clos devient de plus en plus oppressant à mesure que Kit et ses amies découvrent les véritables intentions de leurs professeurs.

Mais je dois aussi signaler que si Lois Duncan est douée pour faire monter chez ses lecteurs l’angoisse, ses personnages ne m’ont pas beaucoup convaincus. Je ne les ai pas trouvé très attachants et ils n’étaient pas, à mon goût assez développés. Leur psychologie reste très superficielle et stéréotypée, y compris pour Kit, l’héroïne, qui manque de combattivité sauf peut-être sur la fin.

En quelques mots :

Paru il y a plus de 40 ans, Blackwood, le pensionnat de nulle part, connaît une seconde vie avec sa modernisation à l’occasion de sa prochaine adaptation cinématographie. L’occasion de plonger dans un huis-clos angoissant et glaçant qui exploite à merveille tous les codes du genre. Ainsi, dés les premières pages, Kit, l’héroïne qui découvre Blackwood, sent que le pensionnat n’a rien d’ordinaire. Elle sent comme une présence maléfique et ce n’est pas ce qu’elle va vivre, avec les trois autres uniques pensionnaires, qui la fera changer d’avis. La tension et l’angoisse monte crescendo dans ce roman efficace de Lois Duncan. Les mystères autour de Blackwood intrigue et comme Kit, le lecteur veut comprendre les véritables intentions des professeurs.
Blackwood, le pensionnat de nulle part a un ton un peu old school, qui renforce le sentiment d’être hors du temps et de plonger dans un univers sombre et gothique. Le roman séduit surtout parce qu’il parvient à nous faire frissonner, mais les personnages manquent un peu de consistance. Le tout aurait sans doute mérité un peu plus de développement, même si l’intrigue est bien ficelée.

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