C’est pas ma faute d’Anne-Fleur Multon et Samantha Bailly

Age : 12-15 ans / 15 ans et +
Éditeur : Pocket jeunesse (2020)
380 pages

Note : 4 out of 5 stars

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Prudence est la plus grande fan de Lolita, la célèbre youtubeuse. Or un jour, Lolita disparaît des réseaux sociaux. Quel secret dissimule son image si parfaite ?
Entre disparition et enquête, caméras et écrans, mensonges et vérité, Prudence et Lolita dansent un ballet qui pourrait se révéler mortel…

En tant que professeur-documentaliste, chargée, entre autres choses, de sensibiliser les élèves à leur identité numérique, un titre comme C’est pas ma faute est une vraie mine d’or. En effet, l’histoire met en scène une jeune influenceuse de 16 ans, Lolita, qui va du jour au lendemain cesser de partager son quotidien, de tourner des vidéos, au grand désespoir de Prudence, une de ses plus grandes fans, qui ne comprend pas pourquoi Lolita a disparu sans prévenir. Au fil de l’enquête menée par Prudence et des chapitres qui nous glissent dans l’intimité de Lolita, le lecteur va découvrir l’envers d’un décor loin d’être aussi idyllique et parfait que les contenus partagés par Lolita. Derrière les paillettes, les belles images, la célébrité, les cadeaux gratuits des annonceurs, les likes, Anne-Fleur Multon et Samantha Bailly pointent dans C’est pas ma faute, comme d’autres avant elles, les illusions de la vie numérique.

C’est pas ma faute est un roman dans l’air du temps, au coeur des intérêts des adolescents. Beaucoup passent en effet énormément de temps sur les réseaux sociaux, à suivre via leurs stories, leurs vidéos, leurs photos, des influenceurs et à les prendre pour exemple, les imiter. Un roman comme C’est pas ma faute ramène les pieds sur terre et aborde ce que chacun devine ou doit au moins avoir à l’esprit : le temps passé à se construire une image idéale, les contrats qui enferment et piègent, les commentaires haineux, les regards critiques. Anne-Fleur Multon et Samantha Bailly dévoilent la mécanique et pour Lolita, le décalage entre son identité réelle et son identité numérique est même déconcertant pour le lecteur.

L’intérêt de C’est pas ma faute c’est donc son extrême actualité et l’écho qu’il trouvera forcément auprès des ados. Moins féroce et trash qu’un 1 million de vues, C’est pas ma faute se concentre plus sur l’aspect psychologique de l’usage des réseaux sociaux. J’ai ainsi beaucoup aimé la complexité du personnage de Lolita et la manière dont les deux autrices la font évoluer, le regard qu’elles lui font porter sur son activité aussi. Par contre j’ai trouvé certains passages peu crédibles notamment sur le lien qui va se tisser entre Prudence et Lolita : je n’y ai pas cru, tout comme la fin, un peu trop « guimauve ».

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