Daisy, lycéennes à Fukushima de Reiko Momochi

Age : 15 ans et +
Éditeur : Akata (2014)
190 pages

Note : 5 out of 5 stars

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Depuis le terrible tsunami qui a frappé Fukushima et endommagé une centrale nucléaire, Fumi n’est pas sortie de chez elle. Lorsqu’elle décide de retourner au lycée, l’ambiance a bien changée. Les gens sont inquiets des dangers des particules radioactives présentes dans l’air. Dans ce contexte, comment recommencer comme si de rien n’était ?
Ses amies Moé, Ayaka et Mayu sont traversées par les mêmes interrogations quant à leur avenir respectif. E
nsemble, elles comptent bien profiter de la vie, et surtout sortir toutes diplômées du lycée ! Mais la réalité va bientôt les rattraper…

L’accident nucléaire suite à un tsunami dans la région de Fukushima a marqué les esprits en 2011. C’était le 11 mars et rien ne laissait présager au matin du jour J, ce qui allait advenir. Reiko Momochi, à partir de la lecture du roman Pierrot de Teruhiro Kobayashi et d’un séjour à Fukushima où elle a pu rencontrer des adolescents ayant vécus la catastrophe et restés sur place, a souhaité raconter le quotidien, les interrogations, les doutes, les peurs et les espoirs de ces jeunes. Au travers des quatre lycéennes dont on suit le parcours sur les deux tomes de Daisy, Reiko Momochi témoigne au nom de tous les adolescents de la région de Fukushima.

J’ai lu avec beaucoup d’intérêt ce manga qui est très différent des mangas que j’ai l’habitude de lire. Il m’a fait penser à une autre série de mangas sur le même thème : Gen d’Hiroshima de Keiji Nakazawa, qui mettait également en scène l’après Hiroshima et Nagasaki en 1945. Notons que, Daisy, lycéennes à Fukushima aura sans doute plus de résonance auprès des collégiens et lycéens car ils ont tous assistés en direct aux image et aux reportages qui ont suivi le tsunami et la catastrophe nucléaire.

Reiko Momochi traite avec ce manga d’une réalité qu’on aborde plus une fois l’événement passé et hors de l’actualité du moment : les doutes, les questions, les peurs, les difficultés du quotidien, le sentiment d’avoir tout perdu, le rejet du reste de la population pour tout ce qui vient de Fukushima, … des personnes qui sont restées sur place. Mais aussi les espoirs, les actions bénévoles, les petits gestes de soutient entre sinistrés, qui viennent redonner sens à la vie, au futur.
Tout cela est très bien traité dans Daisy, lycéennes à Fukushima, et surtout, on a le sentiment d’avoir pu lire un texte qui n’édulcore pas la réalité, ne nous fait pas croire que tout va bien, que tout est sous contrôle, comme l’annonce le gouvernement Japonais.

Reiko Momochi interpelle le lecteur, leur propose un récit sensible avec des lycéennes pleines de rêves, d’ambitions, confrontées à une terrible situation sur laquelle elles n’ont aucune prise, aucun pouvoir. Le manga se lit avec un pincement au coeur et se conclut avec une envie féroce : en savoir plus sur ce qui se passe concrètement à Fukushima, aujourd’hui, trois ans après le drame.

Un manga qui est aussi engagé contre le nucléaire et le reconnaît clairement. Si le lecteur a le droit de ne pas partager  cette opinion, il n’empêche que Daisy, lycéennes à Fukushima pose les bonnes questions et notamment celle-ci : quelles sont les conséquences d’un accident nucléaire sur une population ?
Les dégâts, il est clair, sont loin d’être que sanitaires ou matériels, mais aussi, et surtout, psychologiques…

En quelques mots :

Daisy, lycéennes à Fukushima est un manga en deux volumes qui revient sur l’après catastrophe nucléaire à Fukushima du 11 mars 2011. Reiko Momochi se base sur un roman de Teruhiro Kobayashi et d’un séjour à Fukushima où elle a pu rencontrer des adolescents ayant vécus la catastrophe pour mettre en scène l’histoire de ces quatre lycéennes. Leurs témoignages, représentatifs de la situation de milliers de familles et jeunes de la région touché par l’accident, interpellent le lecteur sur les conséquences matériels, sanitaires et psychologiques d’un tel drame.
Un manga sensible, bien construit et bien raconté, qui fait le tour : doutes, peurs, interrogations, sentiments d’abandon et de rejet, mais aussi espoirs et soutiens pour une population qui recherche du sens à la vie et veut croire en l’avenir.

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