L’Education sentimentale de Gustave Flaubert

Age : 15 ans et +
Éditeur: Plusieurs éditeurs possibles (1869)

Note : 3 out of 5 stars

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Sur un bateau qui le ramène à Nogent, Frédéric Moreau croise Monsieur et Madame Arnoux, il tombe éperdument amoureux de celle-ci. Alors qu’il s’installe à Paris dans le but d’y faire son droit, il est introduit chez Arnoux à l’Art Industriel grâce à Hussonnet. Il pénètre ainsi peu à peu le quotidien de la famille dans le but de pouvoir approcher et séduire Marie Arnoux. Cependant celle-ci refuse toute avance. Dans le même temps, Frédéric commence une vie de bohème, où il côtoie aussi bien les riches Dambreuses que des révolutionnaires comme son meilleur ami Deslauriers…

L’Education sentimentale ou histoire d’un jeune homme au cœur de la période qui enveloppe la révolution de 1848, est un livre long. A sa sortie, le succès ne fut pas au rendez-vous et on critiqua beaucoup Flaubert, auteur remarqué de Madame Bovary et Salambô, pour le portrait qu’il avait ici choisi de réaliser. Frédéric Moreau est un personnage qui est double : il est à la fois romantique dans l’amour qu’il porte à Marie Arnoux, et ambitieux dans ses relations avec les Dambreuse. Mais c’est aussi un personnage sur lequel on a du mal à trancher, qui est tout et son contraire et qui ne se fixe jamais. Il a quelque chose d’agaçant.
La lecture de l’Éducation sentimentale est longue et tortueuse, mais c’est un classique à ne pas négliger, au moins à connaître dans les grandes lignes. Je suis assez mitigée finalement sur lui. D’un côté j’aime la façon dont Flaubert décrit minutieusement les sentiments, les contradictions, l’environnement de Frédéric et je suis happée par l’histoire, ses aventures amoureuses sans cesse relancées.
De l’autre, je suis énervée des lenteurs, de ce personnage qui n’avance pas, de ses mauvaises actions et de ses paroles qui sonnent faux. Il est un être fascinant tout en étant détestable mais finalement, c’est ce qui tient le lecteur : savoir s’il va parvenir un jour à ses fins, à l’amour de Marie Arnoux et surtout à la sincérité. De désillusion en désillusion nous suivons avec un regard mi captivé, mi ennuyé le parcours de ce héros qui est, c’est vrai, un roman à lui tout seul.
Flaubert avec l’Éducation sentimentale et comme le reste de ses romans, fait dans le réalisme et rien n’est laissé au hasard pour le lecteur : tant du côté de l’histoire que du côté de l’Histoire avec un grand « H ». Ce n’est peut-être pas le livre que l’on a envie de prendre lorsque l’on est ado, d’autant plus que cela dresse un portrait démystificateur de l’amour, mais au final on se laisse entraîner par les événements. Et lorsque l’on se dit : « c’est nul, j’arrête », quelque chose nous pousse à continuer, ce fameux besoin de savoir.
Plus court, plus long, ça n’aurait rien changé, Flaubert flirte avec des hauts et des bas dans sa narration bien que son écriture demeure toujours admirable, précise et rigoureuse, c’est-à-dire sans faille. Finalement tout dépend de la manière dont on s’accroche au personnage de Frédéric. Soit il nous agace mais opère sur nous une sorte de fascination, soit on le bannit de notre vie. A commencer et à voir ensuite si l’on continue… selon le goût et l’humeur du jour.

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