Grupp d’Yves Grevet

Age : 12 – 15 ans
Éditeur : Syros jeunesse (2017)
520 pages

Note : 4 out of 5 stars

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Dans le futur, grâce à l’implant Longlife, plus personne ne craint ni les maladies, ni les accidents. En effet, au moindre problème, l’implant le détecte et envoie les secours ou la police.
Stan s’accommode bien de cette technologie, mais pour son frère Scott, c’est une autre histoire car il aimerait être libre et ne pas avoir une machine qui espionne chaque battement de son coeur…

Un jour Scott est arrêté, il est accusé d’être à la tête du Grupp, un petit groupe de jeunes qui revendique leur liberté face à la sacro-sainte sécurité Longlife. Stan décide alors de découvrir pourquoi son frère a rejoint le Grupp.

Dystopie volumineuse mais qui tient aussi en un seul et unique tome, Grupp d’Yves Grevet nous plonge dans une société peut-être pas si éloignée de la notre où la sécurité des habitants est garantie par des implants qui analysent chaque battement de coeur. Le roman se divise en trois parties qui adoptent pour chacune d’entre elles des points de vue différents.

Dans la première partie, c’est Stan qui raconte. Convaincu par la technologie Longlife, il est surpris lorsque son frère est arrêté par la police et accusé d’être à l’origine du Grupp, un petit groupe d’ados épris de liberté qui s’affranchit de temps en temps de la surveillance Longlife. L’arrestation de Scott agit comme un électrochoc et il décide donc d’en savoir plus sur le Grupp pour mieux comprendre leurs revendications.
Au départ j’ai trouvé cette première partie un peu « plaquée » avec une écriture parfois maladroite et stéréotypée. Je me suis accrochée car Yves Grevet est un auteur que j’apprécie beaucoup et j’ai bien fait car au fur et à mesure des pages, Stan devient attachant et sa curiosité vis à vis du Grupp est intéressante. De plus, s’il prend de plus en plus de risques, pour comprendre ce qui est arrivé à son frère, on ne tombe pas non plus dans le schéma classique de la dystopie où celui qui était au départ totalement intégré au système, en devient un de ses plus forts opposants. C’est aussi ça que j’ai aimé dans ma lecture de Grupp, plus nuancée que les dystopies habituelles.

Dans la seconde partie, l’histoire est vue du point de vue de Scott. C’est la partie qui m’a le plus captivée car elle raconte tout à la fois pourquoi Scott a créé le Grupp mais aussi comment ses compétences et contacts vont être utilisés en prison, puis par le gouvernement dans le cadre d’une enquête. Scott nous permet de pointer les défauts de Longlife, là où Stan, lui, pointait plutôt les qualités. J’ai trouvé aussi que cette partie était plus dynamique et plus riche, avec un personnage à la fois plus mystérieux, plus mature, plus intéressant car aussi plus complexe.

Enfin, la troisième partie est racontée de plusieurs points de vue, ceux des ados du Grupp. L’histoire prend un dernier tournant avec des ados qui nous donnent leur version des choses et surtout pointent, encore une fois, les limites du système Longlife.

En conclusion, Grupp d’Yves Grevet est un roman fort et intelligent qui offre une véritable réflexion sur la liberté et le libre-arbitre, dans une société qui a voulu priver les jeunes des expériences les plus intenses, au nom de la sécurité. Un thème dans l’air du temps…

En quelques mots :

Au nom de la sécurité, peut-on priver le monde de sa liberté et espionner, analyser, enregistrer chacun de leur battement de coeur ? C’est cette question qu’Yves Grevet pose dans Grupp. Il apporte une réponse toute en nuance, dans cette dystopie où l’on suit tour à tour deux frères dont le regard sur la question est différent. Stan prendra de plus en plus de risques pour comprendre pourquoi Scott a créé le Grupp, alors que Scott acceptera de travailler pour le gouvernement dans le cadre d’une enquête sur un gang dangereux.
J’ai aimé le déroulement de cette histoire et le fait de la vivre selon plusieurs points de vue. Yves Grevet a écrit une dystopie qui sort des schémas habituels et permet aux lecteurs d’avoir vraiment un regard nuancé, même si Yves Grevet, lui, penche clairement d’un côté. Le thème est en tout cas dans l’air du temps et pose de très bonnes questions.

Bande-annonce :

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