Une Histoire à vieillir debout de Carole Prieur

Age : 12 – 15 ans
Éditeur : Oskar éditeur  (2012)
160 pages

Note : 4 out of 5 stars

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Le grand-père de Lou s’est échappé de sa maison de retraite. Pourquoi ? Face à cette interrogation la jeune adolescente de 14 ans comprend qu’elle ignore presque tout de son grand-père.
Un après-midi, s’est plus fort qu’elle, Lou fugue de chez elle avec son amie Najette, pour partir à la recherche de ce grand-père et aussi respirer…

Une Histoire a vieillir debout de Carole Prieur est un roman sensible sur la famille, ses secrets et le lien qui peut unir une petite-fille à son grand-père. Pourtant, au départ, Lou ignore complètement qui se cache derrière le vieil homme qu’elle voit de temps en temps avec sa mère et fini par fuir. Jusqu’à ce qu’il s’échappe. Alors, elle veut comprendre et tout d’un coup se rend compte de l’égoïsme dont elle a fait preuve jusqu’ici.
Au fil des chapitres d’Une Histoire à vieillir debout, Lou évolue, réfléchit sur sa famille mais aussi sur son identité, son caractère. Elle se rend compte des erreurs de jugement qu’elle a pu avoir, à commencer par Najette qui va pourtant devenir un pilier pour la guider dans sa fugue et l’aider à retrouver son grand-père.
Crise de l’adolescence ? sans doute mais aussi crise de vieillesse (si elle existe) au travers du périple du grand-père. En tout cas, Lou et son grand-père sont mis sur le même pied d’égalité dans Une Histoire à vieillir debout. En effet, dans chaque chapitre, Carole Prieur nous conte, au travers les paroles de Lou, la fugue de la jeune fille, qu’elle met en parallèle des pensées du grand-père (qui fugue aussi !). On s’aperçoit au fil des pages que ces deux-là qui ne se connaissent presque pas ont pourtant un même point commun : le désir de s’évader. L’une pour respirer dans un climat familial devenu lourd, l’autre pour fuir la prison dans laquelle on l’a parqué.
Une Histoire à vieillir debout de Carole Prieur, un roman facile à lire qui expose avec justesse la rencontre atypique entre deux générations (voir même trois avec la mère de Lou). Un roman qui se lit d’une traite et qui résonne dans nos pensées en écho à ce que nous pouvons voir ou vivre chaque jour : des jeunes qui aimeraient un peu plus respirer et des vieux qui ne supportent pas les maisons de retraite dans lesquelles on les laisse juste mourir. Une Histoire à vieillir debout fait réfléchir sur cette situation et nous secoue et remue un peu.
Dans l’ensemble j’ai donc trouvé que le roman de Carole Prieur était vraiment intéressant, passionnant, touchant et sensible à lire. On s’identifie sans peine au personnage de Lou ou même à celui de Najette, jeune fille qui elle-même est cloisonnée dans son rôle de « fille de la Cité ». Leurs interrogations, leurs crises nous les avons traversé ou les traversons. De même, le grand-père de Lou ressemble à toutes ces personnes âgées que nous avons croisées ou que nous connaissons, que dans notre jeunesse nous oublions parfois avant que des romans comme Une histoire à vieillir debout, ou des reportages télévisés, nous les rappellent à notre bon souvenir et nous disent : ne les laisser pas mourir comme ça, seuls. J’ai cependant trouvé la toute fin un peu trop idyllique et clichée (je pense à la partie où les jeunes filles évoquent ce que chacun est devenu) ce qui est un peu dommage par rapport à la tonalité du roman, mais je salue le choix d’une fin positive et optimiste, pleine de bonne volonté.

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