Hunger Games : la ballade du serpent et de l’oiseau chanteur

Age :  12 – 15 ans / 15 ans et +
Éditeur : Pocket jeunesse (2020)
560 pages

Note : 4 out of 5 stars

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C’est le matin de la Moisson qui doit ouvrir la dixième édition annuelle des Hunger Games. Au Capitole, Coriolanus Snow, dix-huit ans, se prépare à devenir pour la première fois mentor aux Jeux. L’avenir de la maison Snow, qui a connu des jours meilleurs, est désormais suspendu à son succès. Mais le sort s’acharne. Il se voit confier le plus misérable des tributs : une fille du district Douze : Lucy Gray. Leurs destins sont désormais liés. Coriolanus Snow n’est pas au bout de ses surprises…

Il y a un peu plus de 10 ans, la célèbre trilogie Hunger Games sortait en France. Une vraie découverte personnelle et le début d’un fort engouement pour les dystopies dans le paysage éditorial. D’abord conquise par ce genre, j’y accroche aujourd’hui beaucoup moins, lassée par ces histoires qui se ressemblent trop. Mais à l’annonce de la sortie de La ballade du serpent et de l’oiseau chanteur, mon intérêt s’est réveillé et j’ai eu la nostalgie d’Hunger Games. J’avais néanmoins quelques appréhensions : l’autrice allait-elle nous livrer un préquel fade ? ou pire, une pâle copie de la trilogie originale  ? Et bien non, Suzanne Collins évite ces écueils et s’en sort plutôt très bien. Elle arrive à offrir au lecteur une histoire inédite dans un univers apprivoisé. 

La Ballade du serpent et de l’oiseau chanteur raconte la jeunesse de Coriolanus Snow, le futur président de Panem. Jeune homme de 18 ans sans le sou depuis que la fortune des Snow s’est perdue après la guerre entre le Capitole et les districts, 10 ans plus tôt. Snow aspire à rétablir la grandeur de sa famille. Sa seule chance d’y parvenir est de se faire un nom au cours de la dixième édition des Hunger Games. Celle-ci prévoit pour la première fois d’attribuer aux tributs, un mentor parmi les étudiants du Capitole. Snow déchante lorsqu’il hérite du pire tribut qui soit : une jeune fille du district 12, Lucy Gray, qui ne semble pas avoir de grandes chances de survivre…

J’ai beaucoup aimé les choix de Suzanne Collins dans son récit. Contre toute attente elle présente un Coriolanus Snow attachant et sympathique, qui cache au fond de lui une grande empathie. Mais c’est aussi un jeune homme déjà attiré par la réussite et le roman va nous montrer comment peu à peu cette ambition va le conduire vers une pente dangereuse et mettre en lumière une part bien plus sombre de sa personnalité…

J’ai apprécié dans ce roman les multiples clins d’oeil à la trilogie Hunger Games sans que jamais l’histoire ne fasse « réchauffée ». Suzanne Collins raconte avec originalité cette dixième édition des Hunger Games. Le show est encore très loin de ce qu’il sera deviendra ( entre autres grâce aux idées de Coriolanus), lorsque Katniss sera à son tour tribut. Cela permet à l’autrice d’éviter de nous raconter en accéléré le premier tome d’Hunger Games. 

La complicité qui se noue entre Lucy Gray et Coriolanus Snow est touchante et on garde jusqu’au bout l’espoir d’une fin heureuse pour le jeune duo. Construit en trois parties, le roman raconte ainsi aussi les trois étapes de leur histoire commune. La fin a un côté un peu frustrant mais plus parce que le roman nous rend attachant Coriolanus or, malheureusement, on ne pourra pas changer son destin… L’évolution de ce personnage est finement raconté.

Les personnages secondaires de La Ballade du serpent et de l’oiseau chanteur sont aussi intéressants. On découvre à travers eux une autre facette de la vie au Capitole. J’ai particulièrement aimé le personnage de Séjanus, un jeune homme qui est né dans le district 2 et n’a jamais réussi à se faire aux codes du Capitole. Lucy Gray est aussi une jeune femme fascinante même si elle n’a pas la carrure de Katniss et reste moins emblématique. 

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