La Belle Adèle de Marie Desplechin

Age : 9 – 12 ans
Éditeur : Gallimard jeunesse (2010)
160 pages

Note : 4 out of 5 stars

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Pour fêter son anniversaire, la tante Sopha emmène Adèle se maquiller et lui acheter du maquillage parce que franchement, la jeune fille n’est pas assez féminine ! Mais Adèle ne veut pas faire comme toutes les autres filles de son collège. Son seul ami est le trop gentil Frédéric, qui comme elle, n’est pas bien intégré à la dictature du collège. Pour mettre fin à cette exclusion, ils décident de faire croire à tout le monde qu’ils sont ensemble, mais l’histoire ne s’arrête pas là lorsqu’un photographe les rend héros d’une campagne pour un ministère…

Marie Desplechin est une auteur particulièrement appréciée par les jeunes ados avec des romans frais et tissés d’humour comme le prouve une fois de plus ce court récit, La Belle Adèle. L’auteur de Verte ou encore Le Journal d’Aurore nous plonge dans la vie quotidienne de deux amis en marge des codes du collège : Adèle ne veut pas se donner du mal pour se maquiller, s’habiller, coiffer ses cheveux ou paraître moins brusque, et Frédéric est « tragiquement gentil » et n’est pas non plus dans le moule des garçons du collège.
Les sujets principaux de ce roman sont bien sûr les thèmes qui touchent l’adolescent de près : l’amour, les sentiments entre amis, la vie scolaire et le quotidien. Adèle et Frédéric incarnent en effet à la perfection deux collégiens qui ne comprennent pas toujours la dictature des vêtements et de l’apparence qui règne au sein des collège. Le ton d’Adèle pour décrire cet effet est d’ailleurs sans appel et parfaitement juste : « Une personne qui n’y vit pas ne peut pas se rendre compte de la dictature qui règne dans un collège. Je ne crois pas. Il s’agit d’une forme de dictature très particulière, et très efficace, parce qu’elle n’arrête pas de se renouveler. Je veux dire que si les dictateurs changent, la dictature reste. Le collégien moyen vit sous le regard permanent du groupe. Et le groupe obéit toujours à ses dominants. Le collégien est jugé sans cesse et il est jugé sur tout. Ses vêtements. Sa manière de parler, de marcher, de s’asseoir. La marque de son sac à dos. De ses baskets. Son comportement en classe, à la cantine. Ses amis. Sur chacun de ces points, il est vivement recommandé d’avoir l’accord du groupe« (La Belle Adèle, page 31).
Leur problème c’est que tous les deux n’ont pas adopté la bonne stratégie jusqu’ici mais un jour, ils ont l’idée de génie, pensent-ils : se mettre ensemble. A partir de ce moment là, le récit devient de plus en plus amusant.
La Belle Adèle a d’abord été publié en feuilleton sur Smartphone et se découpe de ce fait en plein de petits chapitres d’environ quatre pages qui relancent sans cesse la dynamique du texte. Les péripéties sont nombreuses de même que les rebondissements, particulièrement à la fin, où La Belle Adèle en quelques chapitres devient une tout autre histoire… D’ailleurs, Marie Desplechin n’hésite pas à faire des effets d’annonce tout au long de La Belle Adèle avec des phrases annonciatrices de bouleversements comme : « Il était dubitatif. Il n’avait pas tort… », « Le temporaire était parti pour durer. Mais ça, pauvre chéri, il ne le savait pas encore…« …
Le style est léger, aéré et le livre est agréable et pas du tout ennuyeux. Marie Desplechin nous fait passer un bon moment de détente en compagnie des deux faux-tourtereaux, Adèle et Frédéric, entourés de personnages extravagants mais tout aussi attachants comme la tante Sopha et le photographe Brian.

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