Little sister de Benoît Séverac

Age : 12 – 15 ans
Éditeur :  Syros jeunesse (2016)
190 pages

Note : 4 out of 5 stars

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Léna porte un lourd secret. Pour le protéger elle a du changer de nom et déménager avec le reste de sa famille. En effet, il y a quatre ans, son frère Ivan est parti faire le djihad en Syrie et il a participé à l’exécution d’un journaliste Français. Depuis, pour Léna, c’est l’incompréhension mais aussi l’espoir qu’Ivan reviendra.
Lorsque justement Léna reçoit une lettre de son frère l’invitant à le retrouver en Espagne, l’adolescente n’ose y croire. Mais pour quelle raison Ivan est-il revenu ?

Sujet complexe mais brûlant d’actualité pour Little sister. Parler de la guerre en Syrie et de ces jeunes Français qui se laissent tenter par le djihad et le terrorisme était un réel besoin dans la littérature jeunesse. Benoît Séverac répond à cette demande très forte avec un texte touchant et réaliste qui se veut accessible au plus grand nombre.

Little sister se découpe en quatre partie pour les quatre voix qui interviennent dans ce roman. Parmi elle, il y a évidemment la parole de Léna, la petite sœur qui raconte comment elle et sa famille ont vécu le départ d’Ivan, quatre ans plus tôt, pour la Syrie puis l’assassinat terrible qu’il a commis. Le jour où son grand frère donne de ses nouvelles, Léna, convaincue qu’il veut se repentir, part à sa rencontre jusqu’en Espagne, terre de ses origines familiales. Pour son retour en Espagne, elle est accompagnée de Théo, ancien meilleur ami d’Ivan, qui n’a rien vu venir non plus. En Espagne, leur route croisera celle de Joan, un ancien résistant au franquisme, qui les aidera dans ces retrouvailles complexes entre Ivan et Léna.

Benoît Séverac propose avec Little sister un texte intimiste et ouvert. L’auteur ne porte pas de jugement et n’essaye pas d’expliquer ce qui pousse les jeunes à partir faire le djihad, mais il partage avec le lecteur, la souffrance silencieuse des familles qu’on ne voit que rarement dans les médias. L’enrôlement n’est donc pas le centre de ce récit mais c’est plutôt le témoignage de ceux qui restent…Le parcours de Léna est extrêmement mimétique pour le lecteur. En très peu de phrases, Benoît Séverac nous montre toute la détresse, toutes les interrogations et tous les doutes et espoirs qui traversent, tour à tour, la jeune fille.

Un roman comme une bouée de secours pour ces anonymes qui vivent la radicalisation de leurs proches.

En quelques mots :

C’est un vide criant de la littérature jeunesse que Little sister comble un peu. Le roman qui raconte comment une sœur a l’espoir de retrouver son frère Ivan, partit quatre ans plus tôt faire le djihad, sonne extrêmement juste. Benoît Séverac, par le biais de cette histoire accessible à tous, donne la parole aux familles de djihadistes qui rejettent les choix de leurs enfants, de leur frère ou soeur, dans cette démarche. Un aspect rarement évoqué par les médias qui permet au lecteur de prendre du recul et de partager, le temps d’une lecture, la souffrance, les doutes, les interrogations, les angoisses de ces familles. Un roman intimiste et nécessaire.

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