River de Claire Castillon

Age :  15 ans et +
Éditeur : Gallimard jeunesse (2019)
180 pages

Note : 3 out of 5 stars

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River, c’est ma soeur. Ma soeur en moche, ma soeur en noir, ma soeur qui n’a rien à voir avec moi. On partage la même chambre, on respire le même air, mais je la plains et je m’en veux. Elle m’adore et je la comprends. Je suis la fille idéale de nos parents. Elle, comment dire… Vous connaissez le vilain petit canard ? C’est comme un boulet. Ma mère lutte. On en est à six thérapeutes par semaine. On voudrait tous qu’un jour elle se sente à l’aise en société. Dans la famille, ça va. Mais au collège ? Qu’est-ce qui se passe dans la cour avec les autres ? Je veille. Je suis la lumière au fond d’elle. Un jour, je l’éclairerai si fort qu’on prendra feu ensemble afin de former un seul et même être. Idéal.

River est un roman qui m’a d’emblée intriguée mais aussi déconcertée. Le résumé en lui-même nous donne le ton avec cette grande-sœur qui nous dresse le portrait de River. Un portrait sombre qui va peu à peu se développer, se préciser pendant les 180 pages que compte le roman de Claire Castillon. Plus d’une fois je me suis sentie mal à l’aise, frappée par la violence des mots de la narratrice, son ton et son regard durs à l’égard de River mais aussi choquée par la manière dont la jeune fille est traitée par son entourage et les brimades ( du harcèlement disons – le plus clairement ) que River subit au collège de la part de ses camarades.

River parle d’une adolescente différente, explosive, expressive, hypersensible. Elle n’arrive pas à suivre les codes, est isolée socialement, déconcerte les autres par son attitude. Tout le contraire de celle qui raconte, sa sœur. C’est à travers elle que l’on va suivre et subir le quotidien de River. River est une lecture qui m’a malmenée, éprouvée et qui s’est parfois révélée insupportable face à la cruauté humaine à laquelle River est confrontée au quotidien. Le ton détaché de la narration est souvent insoutenable. Ce fut donc une lecture dure, violente et , disons-le en toute honnêteté, j’ai parfois hésité à arrêter. J’ai aussi un peu regretté de l’avoir acheté pour le CDI, incapable de savoir comment mes collégiens allaient réagir avec ce texte court mais percutant, douloureux. Nous verrons si certains s’en emparent mais je trouve ce texte plus difficile qu’il n’y paraît.

Si j’ai trouvé le roman très bien écrit,  je déplore son manque de dynamisme. La narration a un côté très pesant et le rythme est lent car les événements sont racontés à rebours.

En conclusion, Claire Castillon offre avec River un roman psychologique intense et marquant. J’avais senti depuis le départ une des révélations finales mais le suspense est suffisamment maintenu pour qu’on est envie d’en avoir le cœur net jusqu’à la réponse, à la fin du livre. Le message en filigrane est aussi intéressant. L’autrice a mis de la conviction dans son roman pour nous inviter à la tolérance, à la lutte contre le harcèlement, les préjugés et à l’acception des différences.   

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