Le Secret de l’inventeur, T1 : Rébellion d’Andréa Cremer

Age : 12 – 15 ans
Éditeur :  Lumen (2015)
410 pages

Note : 3 out of 5 stars

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19ème siècle. Charlotte vit dans un monde alternatif au notre. Un monde où la Révolution Américaine de 1704 a échouée et où les Britanniques sont toujours au pouvoir. Un monde où les machines ont envahi le quotidien des habitants. Mais un monde où la Résistance contre l’Empire Britannia est toujours là.
Lorsque Charlotte sauve de la mort un garçon amnésique et le ramène au coeur même des Catacombes, lieu de la Résistance, son univers bascule. Parmi ses camarades, tous ne sont pas ce qu’ils prétendent être et l’existence de ce mystérieux garçon fait peser sur la rébellion une terrible menace…
Charlotte, son frère Ashley, son amie Meg, le garçon amnésique, ainsi que Jack décident de se rendre à la surface, à New-York, pour obtenir des réponses et mettre en place le début de la révolte…

L’uchronie et le steampunk font une percée en littérature jeunesse. Après Scott Westerfeld qui imaginait déjà dans sa trilogie Léviathan, un monde alternatif au notre où les machines étaient ultra – développées, Andréa Cremer imagine l’univers de Le Secret de l’inventeur sur cette même idée.

Le Secret de l’inventeur est une uchronie puisque dans cette trilogie les Etats-Unis n’existent pas et l’Amérique est toujours une colonie Britannique. La révolution pour l’indépendance américaine a échouée en 1704 et les révolutionnaires ont été jetés en prison. Les rebelles sont toujours présents mais ils se terrent dans un réseau de grottes souterraines.
Le Secret de l’inventeur est aussi une trilogie steampunk puisque l’univers dans lequel évolue Charlotte est un monde envahit par les machines et l’industrialisation mécanique : animaux robotisés, machines volantes, monstres d’acier, membres mécanisés… Un univers d’acier et de métal glacial et inquiétant.

Cet univers est sans aucun doute ce qui m’a le plus fasciné dans le premier tome de la trilogie Le Secret de l’inventeur. Andréa Cremer a en effet réussi à imaginer toute une Histoire et un monde alternatif qui sonnent justes et qu’on prend plaisir à découvrir. Cet aspect du roman est extrêmement bien réussi.
De même, Andréa Cremer pointe les codes de la société du 19ème siècle de manière très crédible, bien que nous soyons dans un temps alternatif. C’est avec intérêt que l’on observe Charlotte se confronter à « l’étiquette », elle qui est une adolescente libre et habituée à se débrouiller seule, à prendre ses propres décisions, au sein des Catacombes.

Charlotte elle-même est une héroïne attachante et on la découvre au fil des chapitres de façon de plus en plus positive. Loin d’accepter la domination masculine, toujours prompte à découvrir ce qu’on lui cache, curieuse, intrépide, combattante, elle se distingue des femmes du 19ème siècle et a un caractère bien affirmé.
Au contraire des autres personnages secondaires de ce récit, beaucoup plus stéréotypés et qui manque malheureusement parfois d’intérêt ! Andréa Cremer esquisse des portraits prometteurs dans ce premier tome mais elle reste encore à la surface des choses. Les relations entre les personnages restent ainsi assez convenues, manquants parfois de profondeur, alors qu’elles ne seraient pas dénudées d’intérêt pour le lecteur.
On aurait ainsi aimé qu’Andréa Cremer aille encore plus loin dans l’exploration des liens entre Charlotte et les personnages secondaires qui l’entoure : son frère, Jack, le garçon amnésique, Coe, Meg… L’ensemble reste assez superficiel tout au long de Rébellion.

L’histoire en elle même est plutôt captivante à lire. Il faut un peu s’accrocher lors des cent premières pages car la mise en place de Rébellion est assez lente. En effet, les événements qui nous conduisent au coeur de l’histoire ne sont pas toujours très intéressants à lire.
Mais au fur et à mesure de ma lecture du premier tome du Secret de l’inventeur, je me suis surprise à être de plus en plus captivée par le livre. J’ai commencé à réellement apprécier ce roman lorsque Charlotte débarque à New-York et doit jouer le rôle de la jeune fille à marier. A partir de là, Andréa Cremer entre dans le vif du sujet et la lecture est de plus en plus addictive. J’ai finalement lu bien plus rapidement les 300 dernières pages, que les 100 premières ! On sent que Rébellion n’est vraiment que le début de la trilogie mais c’est assez sympa à lire et finalement on prend plaisir à suivre Charlotte.

Enfin, le style d’Andréa Cremer est très facile et agréable à lire. Son texte laisse souvent place à des touches d’humour et les péripéties sont au rendez-vous. Le cliffhanger final est assez inattendu et donne envie de lire la suite. Ce que je ferai, malgré un avis en demi-teinte.
En quelques mots :

Rébellion est le premier tome d’une trilogie uchronique, inscrite dans l’univers steampunk. On y découvre surtout l’intrépide, curieuse et combattante Charlotte, 16 ans, toujours prompte à faire la lumière sur les cachotteries de son frère Ashley et de Jack. Andréa Cremer nous entraîne dans un univers où la Résistance contre l’empire Britannique est en marche et ce premier tome de Le Secret de l’inventeur s’attache autant à nous présenter l’ensemble des personnages de la trilogie, que le monde dans lequel ils évoluent.
La mise en place de Rébellion est assez lente et pas toujours très passionnante à lire, mais on se surprend au fil des chapitres à se captiver pour l’histoire de Charlotte.
Tome de mise en place de l’histoire, Rébellion est assez agréable et plaisant à lire sans être totalement addictif. L’univers imaginé par Andréa Cremer ainsi que le personnage de Charlotte sont clairement les deux atouts du début de la trilogie Le Secret de l’inventeur. C’est pourquoi, il faudra qu’Andréa Cremer aille par la suite plus en profondeur dans les relations entre personnages et dans son histoire, pour continuer d’intéresser ses lecteurs. Une bonne idée de base qui ne demande qu’à s’enrichir dans les deux tomes à venir…

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