The Young World de Chris Weitz

Age : 12-15 ans
Éditeur :  MSK (2015)
370 pages

Note : 3 out of 5 stars

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Un virus a décimé l’ensemble des enfants et des adultes du monde. Seuls les adolescents ont survécu. Ils vivent par groupe et tentent de se débrouiller au quotidien pour survivre malgré l’épidémie qui plane toujours sur eux, dés lors que leur corps devient celui d’un adulte…
A New-York, Jefferson, le nouveau leader des Washington Square, se lance avec Donna, dans la recherche d’un vaccin. Le duo, entouré d’autres membres du groupe, commence un voyage dans un pays devenu très dangereux…

The Young world est un roman qui se déroule dans un univers post-apocalyptique et dans lequel un virus a décimé presque toute la population. Le pitch rappelle beaucoup des univers comme La Route, Mad Max (chez les adultes) et Seuls au monde, Gone ou encore la bande-dessinée Seuls (chez les jeunes) puisque dans The Young World des adolescents se retrouvent livrés à eux-mêmes dans un monde redevenu primitif et précaire…. Uniques survivants et disposant de peu de ressources, chaque jour est de plus en plus dangereux pour eux car la lutte pour survivre est intraitable…

La référence au roman de William Goolding, Sa majesté des mouches, est également très présente dans The Young World. En effet, comme dans ce classique de la littérature anglaise, des enfants livrés à eux-mêmes s’organise pour survivre et perdent un peu de leur humanité… On retrouve notamment dans The Young World un groupe d’adolescents qui fonctionne sur le même modèle que la dérive racontée dans Sa Majesté des mouches : cannibalisme, violence, un chef charismatique et un culte sectaire (autour de l’Information, ici)….

Chris Weitz multiplie lui-même les références à des livres ou des films populaires de l’univers SF comme Hunger Games ou Star Wars , à travers le regard que porte ses deux narrateurs sur leur monde qui bascule… Des références multiples qui nous rappelle qu’avant d’être auteur, Chris Weitz est avant tout un homme du cinéma. Scénariste, producteur et réalisateur, on lui doit ainsi American Pie, Pour un garçon, Twilight – chapitre 2 : Tentation…. Son écriture, très visuelle, s’en ressent également.

Le premier tome de The Young World s’organise autour de deux narrateurs. D’un côté nous avons Jefferson qui devient le nouveau leader de son groupe lorsque son frère décède du virus. De l’autre, nous avons Donna, une adolescente dont Jefferson est secrètement amoureux. C’est à travers leurs deux regards très différents sur les événements que nous vivons l’histoire. En effet, leurs personnalités respectives s’opposent. Jefferson est un adolescent plutôt combattif, téméraire, optimiste et sensible alors que Donna pose un regard plus pessimiste sur la situation et est offre une personnalité très froide, distante dans sa relation aux autres : elle s’est forgée une carapace. J’ai trouvé cette alternance des points de vue entre Jefferson et Donna intéressante.

Par ailleurs, Chris Weitz adopte un style d’écriture singulier qui pourra autant plaire à certains que dérouter d’autres lecteurs. En effet, le langage employé oscille entre le ton courant et le ton très familier. Cela donne vraiment le sentiment de pénétrer au cœur des réflexions des deux adolescents, sans passer par le prisme d’une écriture qui imite mais ne copie pas… J’ai personnellement bien aimé l’idée car cela donne à The Young World un ton à la fois très ironique sur les événements, mais aussi très juste.The Young World met en scène des actions multiples et le voyage du groupe formé par Jefferson et Donna pour trouver un vaccin au virus, va nous conduire à la découverte de nombreux fonctionnements différents mais aussi d’autres adolescents, entraînant souvent des confrontations musclées.

Néanmoins, je n’ai pas été autant captivée par le roman que prévu car il y avait à mon goût trop de longueurs. Je crois qu’il m’a manqué dans ce récit une dynamique, quelque chose qui retienne plus mon attention que le voyage à travers les différents groupes d’adolescents. Le rythme de l’histoire est assez inégal avec des moments très prenants et d’autres où on s’ennuie franchement. Du coup, parfois, on survole un peu le récit…La relation entre Donna et Jefferson reste à explorer, de même que le fond de l’histoire, la recherche d’un remède à la maladie, qui n’est finalement que peu traitée dans ce premier tome de The Young World. Chris Weitz a bien développé sur son univers, aussi j’espère que la suite sera plus fluide, plus dynamique et avec une action plus égale, afin de maintenir notre attention tout au long de la lecture. Le final surprenant de The Young World laisse entrevoir en tout cas de belles possibilités pour la suite…

En quelques mots :

Le point de départ de l’univers post-apocalyptique de The Young World n’est pas des plus original. Surfant sur la dynamique du post-apocalyptique, d’un virus mortel ayant décimé la population et d’adolescents livrés à eux-mêmes, Chris Weitz propose un roman qui par bien des aspects rappellent d’autres romans de la littérature. A commencer par Sa Majesté des mouches dont il revendique clairement l’influence !
Dans The Young World, le lecteur suit Jefferson et Donna dans leur voyage à la recherche d’un vaccin contre le virus qui tue toutes personnes devenues adultes. On découvre ainsi d’autres groupes d’adolescents et un univers intraitable, violent et sans pitié.
L’auteur nous offre une immersion totale dans son monde avec un style d’écriture très original, très cru et souvent très familier. Déroutant, amusant parfois, et surtout très juste, le ton de The Young World sonne juste.
Le livre souffre quand même d’un rythme inégal et on a du mal à être captivé d’un bout à l’autre. Certains passages sont en trop, traînent en longueur, ou manque d’intérêt.
Le final apporte un rebondissement intéressant, qui, on l’espère, sera habilement exploité par Chris Weitz pour donner à son roman un rythme plus cadencé, mon inégal.

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