Âge : 12-15 ans
Éditeur : Casterman
85 pages
Note : 
Québec 1816.
Un loup a été vu en ville, c’est la panique ! Les soldats sont déployés et traquent l’animal, en vain.
Il pourrait s’agir d’un simple loup égaré, mais d’étranges événements ont alors lieu : la boucherie des Bergeron est saccagée et leur fille Margot disparaît… Le doute s’installe, s’agissait-il en réalité d’un loup-garou ?
Jean-Thomas et ses amis Joséphine, Léon et P’tite Marie vont tout tenter pour retrouver Margot. Mais il faut faire vite ! Le redoutable Langelier, le meilleur chasseur de loups-garous de la région, a été appelé pour mener l’enquête. Il ne doit surtout pas découvrir le terrible secret de Jean-Thomas !
Premier volume d’une trilogie, La Nuit aux loups m’a semblé particulièrement intéressant pour interroger la figure du monstre. En effet, Jean-Thomas, personnage principal de la bande dessinée, cache un lourd secret : chaque nuit, il se transforme en loup-garou. Mais ici, au fil ne notre lecture, on comprendra que le monstre n’est pas forcément celui que l’on croit. Derrière cette métamorphose inquiétante, Jean-Thomas est surtout un adolescent vulnérable, prisonnier d’une nature qu’il ne contrôle pas.
Par peur des représailles du village et de sa supposée dangerosité, son père l’enferme chaque soir dans une cabane au fin fond de la forêt. Un soir, tout bascule lorsque Jean-Thomas est suivi par ses meilleurs amis, qui découvrent son secret. En tentant de leur échapper, il sème la panique au village. Une traque s’organise alors, menée par un chasseur de loups-garous, tandis qu’une petite fille, Margot, disparaît…
L’histoire m’a bien plu et j’ai trouvé qu’elle multipliait les rebondissements. On s’attache très vite à Jean-Thomas, car on comprend rapidement qu’il n’est pas dangereux, contrairement à ce que son père pense — et contrairement à l’image traditionnelle du loup-garou. Au demeurant, l’adolescent grandit dans une famille dysfonctionnelle, avec des parents assez sanguins, colériques, même si sa mère peut aussi se montrer bienveillante et tendre.
Le dessin est très dynamique, un effet renforcé par un trait parfois déstructuré jusque dans les bulles, très expressives. Les paysages enneigés du Canada sont également magnifiques et le travail sur les couleurs est réussi. J’ai toutefois un peu peur que ce style n’attire pas d’emblée les jeunes lecteurs de mon CDI, ce qui serait pourtant bien dommage.
Dernière petite touche sympathique : les mots en québécois, qui donnent l’impression d’y être, sans pour autant gêner la lecture.
