Âge : 15 ans et +
Éditeur : Thierry Magnier
175 pages
Note : 
D’où vient cette colère immense qui dévore Milo ? Et cette violence qu’il déchaîne contre les autres et contre lui-même ? Peu importe : Milo en est certain, quelque chose s’est brisé en lui il y a longtemps, et il est trop tard pour espérer le réparer.
Son thérapeute, le docteur G. Wolber, n’est pas de cet avis. Les blessures sont anciennes, mais si Milo parvient à poser des mots sur son passé déconstruit, à remettre le puzzle dans l’ordre, un avenir peut encore se dessiner.
Alors Milo parle, il rembobine et commence à raconter son histoire, en vrac, depuis le début.
Certaines lectures nous interpellent et se lisent d’une traite, malgré la dureté des sujets qu’elles abordent. Non réparable est de ces romans là, dans lequel le personnage porte à lui seule une voix, une singularité, une force qui ne peut que nous remuer.
J’avais ressenti toute la rage de Noa dans Troisième Chance de Rachel Corenblit, et je crois avoir été tout aussi remuée par Milo. Son parcours a fait écho à celui de deux ou trois élèves que j’ai croisés au cours de ma carrière. Des jeunes habités par la violence, certes, mais pas seulement. Des enfants cabossés, prisonniers d’une colère qui les consume autant qu’elle les protège. Milo est de ceux-là : il reçoit les violences physiques et psychologiques autant qu’il les inflige, incapable de trouver une autre manière d’exprimer sa souffrance.
Interné dans un IME (Institut Medical pour Enfants), Milo confie chaque jeudi à son médecin ses mots et ses maux. Au fil de ces entretiens, il tente de mettre du sens sur ce qu’il a vécu, de comprendre ce qui l’a conduit à cette violence intérieure qui l’habite. Un chemin vers l’acceptation, dur, douloureux, incisif et qui ébranle aussi bien Milo que le lecteur.
Non réparable, c’est aussi le genre de roman qui nous atteint de plein fouet. Une lecture que l’on reçoit comme une gifle, parce qu’elle met en lumière ce que l’on préférerait parfois taire ou ne pas voir. Oui, Milo est un garçon brisé qui m’a profondément touchée.
