Âge : 15 ans et +
Éditeur : Nathan jeunesse
400 pages
Note : 
Février 1990. Madeline, une jeune mannequin en pleine ascension, est retrouvée noyée dans la piscine d’un hôtel de luxe parisien. Elle a été assassinée.
À travers des lettres manuscrites, post-it, interrogatoires et documents secrets, le roman construit un véritable dossier d’enquête qui tourne autour d’une question centrale :
Qui a tué Madeline ? Un ou une rivale jalouse de son succès ? Son amie Eva, qui avait rendez-vous avec elle le soir du crime ? M. Francis, le sulfureux directeur de l’agenre Cream ? Ou encore cette ancienne top-modèle prête à tout pour que sa fille réussisse ?
Je ressors un peu partagée de cette lecture. D’un côté, j’ai beaucoup aimé cette enquête qui nous plonge dans le monde du mannequinat des années 90, à une époque où il est encore peu question de remettre en cause les méthodes de cet univers assez dur : contrôle du poids, jeunesse des mannequins, soirées privées et manager douteux, pression familiale pour certains, rêve de succès pour d’autres… Florence Hinckel et Rachel Corenblit m’ont entraîné dans ce monde, qu’on découvre peu à peu à travers les rapports d’enquête et les échanges épistolaires des différents protagonistes.
D’ailleurs, j’ai bien aimé avoir vraiment l’impression de tenir entre les mains un dossier d’enquête, même si les lettres prennent beaucoup de place par rapport aux comptes rendus d’interrogatoires, extraits de reportages TV ou de journaux,… À la longue, les lettres m’ont semblé un peu trop nombreuses, répétitives et parfois artificielles : même dans les années 90, je ne pense pas qu’on s’écrivait autant ! Je comprends cependant le choix pour les besoins du récit.
Je me suis surtout attachée au jeune enquêteur Étienne Pariente, qui est le personnage que j’ai le plus apprécié. J’ai aimé aussi découvrir les failles et la complexité des autres et voir particulièrement les jeunes mannequins. On voit leurs relations évoluer au fil des lettres. La mort de Madeline va faire tomber les apparences : certains découvrent que ce qu’ils croyaient des autres était faux, de nouvelles amitiés naissent, d’autres sont détruites par la vérité. Finalement, chacun se révèle assez différent de l’image qu’on avait de lui au début.
En plus des quelques longueurs de l’intrigue, je m’interroge aussi sur les références politiques qui ne parleront pas forcément aux ados : la Roumanie de Nicolae Ceaușescu, je ne sais pas si cela parlera beaucoup aux lycéens…mais peut-être qu’au contraire leur curiosité sera piquée. En tout cas je l’espère !
