La Symphonie de Kaboul : Zohra, l’orchestre féminin interdit de Sarah El Younsi et Léa Taillefert

Âge : 15 ans et +
Éditeur : Steinkis
130 pages

Note : 5 out of 5 stars

Fondé au sein de l’Institut national de musique d’Afghanistan, Zohra est le premier orchestre féminin du pays. Sous la direction du Docteur Sarmast, ces jeunes femmes parcourent le monde et portent en elles une promesse fragile : celle de l’émancipation. Elles incarnent aussi un pays qui, malgré ses blessures, laisse encore la musique résonner. Mais entre le poids d’une société patriarcale et le retour des talibans au pouvoir, en août 2021, les espoirs des musiciennes volent en éclats. L’orchestre est contraint de fuir. Sahar, Zarifa et Fazila se retrouvent dispersées aux quatre coins du monde mais tentent malgré tout de poursuivre leur vie et leur rêve musical.

Entre 2010 et 2021, l’Institut national de musique d’Afghanistan, fondé par le docteur Ahmad Sarmast, a permis à de jeunes Afghans, et notamment à des jeunes filles, d’apprendre à jouer d’un instrument. C’est au sein de cette école qu’est né Zohra, le premier orchestre féminin d’Afghanistan, dont les musiciennes ont même eu l’occasion de se produire à l’étranger, notamment à Davos.

En 2016, la journaliste Sarah El Younsi découvre cet orchestre à l’occasion d’un reportage. Elle y rencontre notamment Sahar, Fazila et Zarifa, trois jeunes musiciennes dont elle retrace les parcours jusqu’à aujourd’hui, de leur entrée dans l’école au chemin de l’exil, pour pouvoir continuer à pratiquer la musique.

Je n’avais jamais entendu parler de cet orchestre féminin et ce fut donc une découverte très enrichissante ! Sarah El Younsi met en lumière les parcours de ces trois jeunes femmes, mais aussi le travail de toute une équipe qui s’est battue pour leur permettre d’apprendre la musique puis se produire au-delà des frontières de l’Afghanistan. On voit les difficultés auxquelles sont confrontées les jeunes musiciennes comme Fazila qui doit par exemple cacher à ses oncles qu’elle joue de la musique.

La Symphonie de Kaboul est aussi une BD engagée. La musique est ici un signe de résistance pour ces femmes qui souhaitent s’éduquer et/ou vivre de leur art, de leur passion. L’arrivée des Talibans au pouvoir contraindra malheureusement les jeunes femmes de l’orchestre à fuir et à faire vivre la musique Afghane en dehors des frontières du pays.

J’ai aussi beaucoup aimé le dessin de Léa Taillefert, particulièrement son travail sur les traits, très expressifs, du visage et plus largement la colorisation.

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