Age : 12-15 ans
Éditeur : Casterman
250 pages
Note : 
Chaque soir en rentrant du collège, Lila a un rendez-vous hyper important. Dans le refuge de sa chambre, elle allume son PC et lance le jeu CraftQuest. En un clin d’oeil, elle devient » RedFox « , son avatar virtuel prêt à mettre en oeuvre les stratégies les plus folles pour faire gagner son équipe face à des hordes d’adversaires. Surtout, elle retrouve des amis qu’elle n’a jamais vus en vrai mais qui la connaissent par coeur : » JupiterSpy « , la force de la nature, » Luuty « , la créature ailée, et » Ghost » le magicien insaisissable. Sans s’en rendre compte, Lila a développé un réel talent à CraftQuest or elle est soudain recrutée pour une compétition officielle… Et si c’était le premier pas vers la plus grande aventure de sa vie ?
J’ai repéré Craftquest pour plusieurs raisons. D’abord parce qu’il parle de jeux vidéo, un univers qui attire énormément les élèves et qui a donc toutes les chances de les accrocher à la lecture. Ensuite, parce que l’héroïne est une fille. Les stéréotypes ont encore la vie dure dans le monde du gaming — et Lila en fera d’ailleurs les frais dès ce premier tome — et il me semblait donc important d’avoir au CDI un roman qui montre clairement qu’on peut être une fille et aimer jouer aux jeux vidéo.
J’ai aussi apprécié le fait que Craftquest ne propose pas une vision diabolisée des joueurs. Oui, Lila joue. Oui, elle y consacre du temps. Mais elle ne néglige ni sa vie « IRL », ni le collège, ni sa famille. Les amitiés qu’elle tisse en ligne ne sont ni dangereuses ni toxiques, et le roman montre au contraire qu’elles peuvent être solides et sincères. Certaines dérives du jeu vidéo sont évoquées, mais ce n’est pas le propos central. Ayant moi-même été joueuse à l’adolescence et au début de l’âge adulte, j’ai eu le sentiment de m’y retrouver.
L’autrice parvient à mêler sans difficulté le quotidien de Lila — au collège avec ses deux amis, parfois un peu largués par sa passion, et à la maison avec sa mère, qui est elle aussi joueuse (du célèbre Zelda !) — et ses parties de Craftquest, où elle retrouve sa guilde. Les descriptions du jeu sont rythmées et suffisamment précises pour que l’on visualise facilement comment le jeu marche.
Lila est une héroïne attachante. Elle doute d’elle-même, aussi bien dans le jeu que dans sa vie quotidienne. Ce premier tome trouve donc un bon équilibre entre mise en place de l’univers et action, notamment avec la participation de Lila à sa première compétition. Il reste introductif mais on a assez de rebondissements pour avoir envie de découvrir très rapidement la suite ( et ça tombe bien elle vient de sortir ! )
Craftquest propose ainsi une image positive du jeu vidéo, tout en racontant les amitiés qui peuvent naître dans cet univers, sans jamais oublier la vraie vie.
