Age : 12-15 ans / 15 ans et +
Éditeur : Casterman
200 pages
Note : 
Depuis le décès de sa mère, la vie de Damian est complexe : son père a refait sa vie et le jeune homme n’est pas le bienvenu dans sa nouvelle famille. Recueilli par Lou, son grand-père, il doit assumer le statut de » nouveau » au lycée. Pas simple quand on est déjà un grand timide… Mais l’acquisition d’une fleur des absents va bousculer ce nouvel ordre. Cette fleur doit lui permettre d’invoquer le fantôme de sa mère, mais contre toute attente, Damian se retrouve avec celui de Saskia sur les bras, une jeune gamine au caractère bien trempé et à la mort chargée de mystère.
J’ai été interpellée par la thématique principale de cette bande-dessinée : le deuil. J’ai aussi aimé l’idée originale de ce roman graphique : la possibilité de revoir, pour quelques jours, un être disparu, grâce à l’acquisition d’une « fleur des absents ». C’est très coûteux et Damian a dû économiser très longtemps pour pouvoir faire revenir sa mère, dont il ne parvient pas à surmonter le décès. Contre toute attente, c’est finalement Saskia, une enfant de neuf ans, morte dans des circonstances troublantes, qu’il ramène du royaume des morts. La cohabitation est forcée mais tous les deux vont finalement décider de se confronter aux réalités qu’ils avaient un peu oubliées : le premier en comprenant que sa mère n’était peut-être pas aussi gentille et aimante que dans son souvenir, la seconde en acceptant son histoire familiale compliquée. Ce récit offre aussi une réflexion sur les souvenirs que l’on garde de nos proches, parfois éloignés de la réalité.
J’ai été touchée par le personnage de Damian, un garçon très sensible et Saskia est une enfant plus délurée, très attachante et espiègle. J’ai trouvé que le duo fonctionnait très bien en dépit de la différence d’âge et leurs caractères opposés donnent lieu à des dialogues drôles, piquants.
La BD aborde de nombreuses thématiques : le deuil bien sûr mais aussi le fait d’être nouveau, les premiers émois amoureux ( Damian est attiré par un garçon de sa classe mais n’ose pas franchir le pas), les secrets de famille, les dysfonctionnements intra-familiaux, l’exclusion du groupe… c’est plutôt une bonne idée mais je regrette néanmoins que tout soit resté très superficiel. Je pense que la bande-dessinée aurait pu largement compter le double de pages pour nous offrir un récit qui soit plus profond, plus abouti. L’histoire m’a semblée trop rapide et c’est vraiment dommage car il y avait un beau potentiel, notamment pour ce qui concerne Saskia. On reste sur notre fin quant à l’histoire de cette enfant dont on n’a eu qu’un très rapide aperçu de son parcours. La lecture de La Fleur des absents n’en reste pas intéressante mais sur ce point donc, un peu décevante.
Du côté des illustrations j’ai beaucoup aimé le trait fin, façon webtoon. Les visages sont expressifs et la colorisation plutôt lumineuse malgré les thématiques.
