Âge : 12-15 ans / 15 ans et +
Éditeur : Nathan
60 pages
Note : 
La toute puissante entreprise ALGO règne sur le monde. Sa collecte organisée et légale des données personnelles des citoyens lui permet de les assigner aux lieux ou aux métiers nécessaires au bon fonctionnement de la société. C’est ALGO, également, qui forme les couples.
Lors de sa soirée d’anniversaire, Alan, 18 ans, tombe fou amoureux d’Alice. Le jeune homme a une intelligence hors du commun, mais un léger handicap. Pour la subsistance de l’espèce humaine, les gens » différents » ne doivent pas avoir de descendance. Sa relation ne pourra ainsi jamais être acceptée par ALGO. A moins que… ?
Nouveau titre de la collection Court toujours, qui poursuit son objectif : proposer des textes courts, efficaces, souvent rythmés, mais qui ouvrent aussi des pistes de réflexion accessibles aux adolescents. Avec Un Amour unique de Vimala Vallée, on bascule cette fois dans une dystopie où la toute-puissante entreprise ALGO régit l’organisation de la société grâce à la collecte massive et légale des données personnelles corrélée à l’usage des algorithmes. C’est elle qui décide des métiers, des lieux de vie… et même des couples.
Dans ce monde ultra-contrôlé, Alan, 18 ans, tombe amoureux d’Alice lors de sa soirée d’anniversaire. Mais ce sentiment se heurte immédiatement aux règles implacables de l’algorithme : Alan est considéré comme « différent », doté d’une intelligence hors norme mais aussi d’un léger handicap, ce qui le rend inapte — selon ALGO — à avoir une descendance. Leur relation devient donc, par définition, impossible.
Le roman propose ainsi une réflexion intéressante sur l’intelligence artificielle, les algorithmes et plus largement sur le pouvoir de contrôle que pourraient exercer les technologies et les grandes entreprises sur nos vies. Le thème n’est pas nouveau — l’amour contrarié par les lois d’un système ou d’un algorithme — mais il fonctionne toujours bien, surtout dans un format court. Alan est un personnage que l’on sent effectivement à part, regardé comme différent par les autres, même si cette différence n’est finalement jamais totalement justifiée ni clairement expliquée par ALGO, ce qui laisse volontairement planer un certain flou.
On est face à une dystopie assez classique dans sa construction, mais bien menée et efficace. Comme souvent dans la collection Court toujours, le récit va à l’essentiel tout en ouvrant la réflexion : sur la place des données, sur la normalisation des individus, et sur les choix que nos sociétés pourraient faire au nom de l’efficacité ou du progrès.
Impossible aussi de ne pas se dire que cette fiction n’est peut-être pas si éloignée de certaines directions que pourraient prendre nos sociétés, au rythme où avancent la technologie, l’intelligence artificielle et notre acceptation progressive de ces outils dans nos décisions quotidiennes.
Il reste que l’évolution de l’histoire m’a semblé, pour ma part, un peu prévisible. Mais cela n’enlève rien à l’efficacité du texte, qui devrait séduire sans difficulté des lecteurs de 4e-3e, voire des secondes petits lecteurs, grâce à son rythme et à la clarté de son propos.
En conclusion, Un Amour unique est une dystopie accessible, qui remplit bien la promesse de la collection : une lecture rapide qui donne matière à réfléchir.
