De l’autre côté de la légende : Morgane de Leslie Tanguy

Âge : 12-15 ans / 15 ans et +
Éditeur : Gulf Stream
250 pages

Note : 4 out of 5 stars

Sur les falaises de Tintagel, l’enfance de Morgane vole en éclats le jour où le roi Uther Pendragon trahit son père et détruit sa famille.
Devenue la puissante maîtresse du Val, Morgane n’a plus qu’une obsession : la vengeance.
Pour panser les blessures de ceux qu’elle a tant aimés, elle s’engage dans une lutte implacable contre la lignée des Pendragon.
Entre passions interdites, alliances politiques et secrets d’Etat, elle tisse sa toile pour mener Camelot et la Table ronde au bord de l’implosion.

Je suis née en Bretagne et j’y suis restée jusqu’à mon départ après l’obtention de mon CAPES de professeur-documentaliste. Une partie de ma famille y habite toujours. Alors forcément, Brocéliande, la Table ronde et le mythe arthurien, je connais bien ! Quel plaisir cependant de découvrir cette réécriture sous l’angle d’un personnage féminin et, qui plus est, de celui qu’on juge parfois si cruel, si manipulateur et si dur. En tout cas, c’était un peu l’image que j’avais en tête et cette lecture m’a donné, comme escompté, une tout autre vision de la fée Morgane.

L’histoire débute lorsqu’elle a 6 ans, alors qu’elle joue avec le vent et provoque par mégarde le naufrage d’une embarcation transportant trois pêcheurs, et se conclut à la fin de sa vie, sur l’île d’Avalon, après 14 chapitres (et quelques interludes du dieu celtique Lug, qui observe les actes de Morgane). Le récit montre une femme déterminée, forte, malmenée par les trahisons et les manigances de son entourage, mais aussi ambivalente. Je me suis laissée entraîner par le récit et j’ai donc découvert un personnage plein de nuances, très bien mis en lumière par la réécriture de Leslie Tanguy.

Le récit est au demeurant rythmé et dense. Il fait aussi la part belle aux autres figures de la légende arthurienne, nombreuses à croiser la route de Morgane. On a souvent l’impression qu’elle passe d’une contrée à l’autre, d’un objectif à l’autre, avec frénésie, et la dynamique du texte s’en ressent.

Cela m’a rendue curieuse de découvrir le précédent titre, consacré à Guenièvre, mais aussi les romans de Flora Boukri (De l’autre côté du mythe), consacrés, eux, aux figures féminines de la mythologie grecque.

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