Âge : 15 ans et +
Éditeur : Steinkis
160 pages
Note : 
En 1928, Edward Bernays publie Propaganda : un ouvrage qui révèle comment l’opinion publique peut être façonnée, orientée, influencée. Faire acheter un produit, faire élire un président ou faire adhérer à une idée : pour lui, ces objectifs reposent sur les mêmes mécanismes. Des décennies plus tard, Noam Chomsky décrira l’ouvrage comme » le manuel classique de l’industrie des relations publiques « .
Près d’un siècle après sa parution, Mildred, stagiaire dans une agence de communication, consacre un mémoire à Bernays. Un soir, celui-ci apparaît et s’installe à ses côtés, bien décidé à l’aider à décrocher un poste et à lui démontrer la pertinence de ses théories.
Au fil de leurs échanges, Mildred confronte les idées de Bernays aux réalités du XXIe siècle : information en temps réel, réseaux sociaux, données personnelles…
Mildred, une étudiante en marketing, fait une rencontre pour le moins inattendue : celle du fantôme d’Edward Bernays, un homme qui a consacré sa carrière à comprendre comment l’opinion publique est influencée. À travers leurs échanges, Mildred découvre ses théories et la manière dont elles peuvent encore s’appliquer aujourd’hui.
Le propos est intéressant et très approfondi, avec de nombreux exemples historiques, comme les campagnes publicitaires qui ont encouragé les femmes à fumer en associant la cigarette à leur émancipation, ou encore celles qui ont contribué à populariser le petit-déjeuner américain à base de bacon et d’œufs. Mais cette richesse rend aussi la lecture assez dense. L’accumulation des concepts et des exemples se fait ainsi parfois au détriment de leur compréhension. J’ai parfois eu du mal à suivre certains passages, qui nécessitent des connaissances préalables pour bien saisir les mécanismes présentés.
Par contre j’ai bien aimé le choix de faire dialoguer Mildred avec le fantôme de Bernays. Leurs échanges apportent des touches d’humour et permettent de casser le côté très sérieux du sujet. Ils permettent aussi de faire le lien entre les techniques de manipulation du début du XXe siècle et celles utilisées aujourd’hui.
Malgré son format en bande dessinée, ce n’est donc pas forcément une lecture facile d’accès. Je la conseillerais surtout à des lycéens qui suivent des spécialités en lien avec les sciences économiques et sociales, ou à des étudiants qui s’intéressent à la communication, au marketing et aux monde des médias.
