Sasha Vidal est toujours là d’Unt’ Margaria

Âge : 15 ans et +
Éditeur : Seuil
240 pages

Note : 3.5 out of 5 stars

Sasha n’a jamais aimé le lycée. Trop de monde, trop de bruit, trop de pression… Mais après un accident fatal, le voici condamné à hanter son ancien établissement. Il n’est pas seul, car des fantômes venus d’époques différentes partagent avec lui cette étrange après-vie. Il y a Kim, Julie, Aristide et, surtout, il y a l’incroyable Océane. Sasha découvre que le voile qui le sépare du monde des vivants est fin. Extrêmement fin. Il lui est possible d’interagir avec ses anciens camarades de classe et même… de réparer quelques injustices. Mais entre les murs du lycée, Sasha va aussi comprendre qu’on ne déjoue pas facilement les règles de l’après-vie.

Le résumé de ce roman m’a interpellée, car j’ai trouvé que les thématiques qu’allait évoquer Sasha Vidal est toujours là pouvaient toucher les trop nombreux élèves en souffrance dans les établissements. Bien que Sasha ne se soit pas suicidé mais ait été victime d’un terrible accident de la route devant son lycée, le roman traite bien de ce sujet difficile et, plus largement, du mal-être. Ainsi, on va suivre une bande d’ados devenus des fantômes au service d’un démon qui n’est autre que le principal du lycée. Chaque lundi (et uniquement ce jour-là), ces fantômes se réveillent et peuvent profiter des quelques heures qu’on leur accorde pour s’occuper de suivre la santé mentale des vivants du lycée. Sasha va rejoindre cette drôle d’équipe et découvrir comment il peut agir.

C’est une lecture qui me laisse sur un sentiment en demi-teinte.

D’un côté, j’ai apprécié le sujet et la manière dont il est traité de façon très originale. Chaque personnage a une histoire singulière et on s’attache rapidement au groupe formé par Sasha, Jim, Julie, Aristide et Océane. On les retrouve chaque lundi, à chaque nouveau réveil, disposés à traquer le mal-être des ados et à les aider, à leur façon. J’ai adoré les idées ingénieuses qu’ils emploient pour communiquer avec les lycéens en souffrance (via les réseaux sociaux ou en répondant à un appel au 3018, par exemple). J’ai aussi beaucoup aimé leur complicité, surtout vis-à-vis de Sasha.

D’un autre côté, j’ai fini par m’essouffler dans cette lecture et par trouver qu’elle n’allait pas assez loin dans les différents personnages qu’elle met en scène. On survole trop les histoires personnelles d’Aristide, Julie, Océane, Kim et même Sasha. On aurait eu envie de mieux les découvrir. On survole aussi trop les histoires des lycéens auxquels ils viennent en aide. J’aurais donc voulu que ce soit plus fouillé, d’autant qu’il y avait en parallèle des longueurs, notamment autour du personnage du principal-démon auquel le groupe d’ados fantômes veut se confronter. Personnellement, j’ai trouvé que cela cassait un peu la thématique initiale autour du suicide et du mal-être.

J’ai bien aimé le style d’écriture. Les premières pages m’ont surprise, car nous avons affaire à un narrateur qui ne manque pas de prendre de la place et de solliciter le lecteur sur la tournure des événements. Un peu perturbant, certes, mais j’ai apprécié. Je regrette même que cette tonalité s’efface au fur et à mesure du récit, car cela lui donnait une touche singulière, même si on la retrouve à la fin, lorsqu’on comprend qui est le narrateur.

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