Je voudrais que tout redevienne comme avant de Valérie Clo

Âge : 12-15 ans
Éditeur : Actes Sud jeunesse
130 pages

Note : 3.5 out of 5 stars

Victoire a douze ans quand sa mère lui présente l’homme avec qui elle va refaire sa vie. Elle lui annonce aussi qu’elle attend un enfant, et qu’elles vont devoir déménager ! Direction La Seyne-sur-Mer où réside le « nouveau père », comme le nomme Victoire. Le sien, le vrai pour elle, est mort quatre ans auparavant d’un accident du travail. L’adolescente choisit d’abord d’ignorer cet homme, qui ne pourra jamais combler un manque irréparable. Le nouveau bébé arrive. Victoire se sent mise à l’écart et jalouse le nouveau bonheur rayonnant de sa mère. Pourtant, au fil des mois de tâtonnements, Victoire et son « nouveau père » finissent par s’apprivoiser, passent du temps ensemble, font de longues promenades en bord de mer. 

Valérie Clo signe avec Je voudrais que tout redevienne comme avant un roman jeunesse court sur la famille recomposée. Un sujet intéressant et qui pourra parler à beaucoup d’ados.

Victoire a 12 ans et vit seule avec sa mère depuis le décès de son père, mort électrocuté au travail, 4 ans plus tôt. Tout bascule très vite lorsque sa mère lui annonce qu’elle a rencontré quelqu’un et qu’elle est enceinte. Forcée de déménager dans le Sud, Victoire subit la situation, peinant à trouver sa place dans cette nouvelle vie familale.

J’ai trouvé intéressant le fait qu’on aborde la difficulté pour Victoire d’apprivoiser ce « nouveau père ». Mais en même temps, je n’ai jamais vraiment réussi à cerner ce personnage. Son attitude m’a souvent mise mal à l’aise : je l’ai trouvé parfois toxique, macho, et même assez violent dans ses propos, que ce soit envers Victoire ou envers sa femme. Du coup, ça m’a semblé un peu à contre-courant du message plutôt optimiste que le roman semblait vouloir faire passer sur la famille recomposée.

La mère, elle, m’a aussi laissée perplexe. Elle s’efface beaucoup, subit les événements, et même la naissance du bébé donne l’impression qu’elle ne la vit pas pleinement. J’ai eu le sentiment qu’elle traversait une dépression post-partum, mais ce n’est jamais vraiment nommé.

Globalement, j’ai souvent été gênée par la manière dont les adultes se comportent avec Victoire. Je l’ai trouvée infantilisée, pas vraiment écoutée, comme si ses émotions, son deuil vis-à-vis de son père et ses ressentis étaient mis de côté.

Malgré tout, ça reste un roman qui pourra interpeller des élèves qui vivent des situations similaires. Beaucoup d’ados pourront s’identifier à Victoire, à ses difficultés et à ce qu’elle ressent face à tous ces changements. La fin est plutôt positive aussi.

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